Turncoat, le nouveau mur de D*Face pour Street Art 13

Pour sa deuxième fresque à Paris, D*Face a de nouveau investi le 13ème. Après l’immeuble de la Place Pinel, c’est au tour du 155 boulevard Vincent Auriol d’accueillir une oeuvre monumentale de l’artiste londonien. Les deux immeubles se font quasiment face et sont tous deux visibles depuis le métro aérien.

Ce qu’il y a de super dans le fait de revenir dans le même coin, c’est que les gens reconnaissent ce que l’on a fait la première fois. On a donc une interaction nouvelle et différente, ce qui est toujours captivant. – D*Face

Les deux fresques ouvrent un dialogue. Love won’t tear us apart, la fresque peinte au printemps 2017, représentait un couple d’amoureux enlacé. Cette fois-ci, avec Turncoat la femme est seule et en plan rapproché. Ce portrait de trois quarts se concentre sur son expression : son regard nous défie.

Elle est dominante, presque en colère. La figure féminine a ici un pouvoir différent : seule, elle montre qu’elle n’est pas vulnérable ! – D*Face

Il s’agit de la reproduction sur mur de la toile Turncoat, ici sur 25 mètres de haut pour 15 mètres de large. Cette œuvre grandiose détonne dans l’ensemble du travail de D*Face. En effet, le portrait est réalisé à partir d’un jeu de couleurs autour de la couleur bleue, alors que la majorité de ses pièces s’appuie sur une pluralité de couleurs. L’artiste âgé d’une quarantaine d’années l’explique ainsi :

Le jeu de couleurs est tout nouveau pour moi, c’est une nouvelle direction. Chaque artiste passe par sa période bleue, en ce moment ça doit être mon tour. – D*Face

Cette palette est aussi l’empreinte d’une certaine mélancolie dans son regard sur le monde. Les lèvres de la femme, d’un rouge électrique, marquent sa vitalité et son pouvoir de séduction. Cette bouche contraste avec le reste de l’image faisant également écho à l’érotisme et à la violence des rapports humains, une composante capitale du travail de l’artiste. Ses sourcils froncés et sa chevelure rebelle injectent du mouvement dans cette image.

Ce qui diffère surtout vis-à-vis du couple de la Place Pinel c’est la solitude du personnage. Cette fois-ci, notre héroïne ne dépend d’aucun homme : la jeune femme est seule et affranchie de toute relation amoureuse. D’après l’artiste, c’est aux spectateurs d’interpréter ses peintures, c’est leur regard qui donne du sens à ses oeuvres !

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